Un des prénoms les plus populaires des années 1980-2000, une réalité rampante et la puissance de frappe des réseaux sociaux : tous ces ingrédients se sont mélangés ces derniers mois pour faire émerger la nouvelle tendance politique dont beaucoup, en particulier à droite de l’échiquier politique, s’emparent. Apparu il y a cinq ans à travers le compte X @Sidounours, désormais inactif, « Nicolas » voit sa notoriété exploser. Il dispose désormais de son propre compte X, @NicolasQuiPaie qui frôle les 60 000 abonnés.
Trentenaire, issu de la classe moyenne, Nicolas incarne un actif français accablé par un modèle social à bout de souffle, étouffé par les prélèvements obligatoires, et pour qui l’accession à la propriété relève de l’utopie. Il refuse désormais de financer un système par répartition obsolète et un modèle social dont une partie de ses concitoyens abusent.
« Nicolas n’est pas assez pauvre pour bénéficier des minima sociaux et trop riche pour être exempt de taxes et d’impôts » résume le député Identité-Libertés Eddy Casterman. Derrière les nombreuses blagues et « mèmes » nés de la tendance, Nicolas cristallise un ressenti partagé par des millions de Français. Le député Ensemble pour la République Charles Rodwell évoque un « phénomène de société » qu’il serait dangereux de « négliger ». Le parlementaire macroniste appelle son camp à continuer l’effort pour « soulager » Nicolas. L’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo, quant à elle, assure la promotion d’un « phénomène populaire qui repose sur une injustice économique majeure ».
« La moitié du salaire est spoliée par l’État »
Après avoir envahi les réseaux sociaux et les comptes X de nombreuses figures politiques, Nicolas franchit les portes de l’Assemblée nationale en avril dernier, par la voix du député UDR Gérault Verny. « La moitié du salaire de Nicolas est spoliée par l’État pour financer ses gaspillages et ses folies. Nicolas encaisse en silence, il ne demande rien et veut juste vivre dignement du fruit de son travail », argue-t-il à la tribune.
Nicolas franchit la rampe des médias : journaux, radios, chaînes d’information en continu et même le 20 Heures de TF1, décryptent le phénomène. À tel point que le député européen LR François-Xavier Bellamy évoque Nicolas ce dimanche 6 juillet sur CNews et Europe 1, sans même prendre la peine d’en expliquer l’origine. Sur RMC, le 20 juin dernier, l’avocat Charles Consigny a, en revanche lui, dû détailler le concept à un Jean-Luc Mélenchon manifestement perplexe, peinant à comprendre que Nicolas était un personnage fictif.
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La notoriété de Nicolas est telle que l’État ne peut désormais plus l’ignorer, tant il est devenu un acteur du débat public. Le haut-commissaire au Plan, Clément Beaune, a commandé un rapport sur le phénomène, dans le but de comparer ce que Nicolas paie en matière de logement, de santé et de pouvoir d’achat en 2025 par rapport à 1975. Un travail dont les conclusions sont attendues à l’automne, le tout financé par, vous l’aurez deviné… Nicolas.
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