
À quelques jours de la fête nationale, le soleil n’est pas encore levé, mais déjà des pas cadencés claquent sur l’asphalte des Champs-Élysées. Les silhouettes s’alignent, se calent, se recalent. Les troupes du service militaire volontaire (SMV) répètent leur passage, quelques jours avant leur mise à l’honneur parmi les troupes à pied des armées. La patrie reconnaissante, dix ans après la création d’un dispositif unique qui a accompagné près de 10 000 jeunes en difficulté vers la vie active.
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Un moment qui participe du sentiment de cohésion
Né d’une volonté politique de répondre à la vulnérabilité d’une jeunesse en rupture, le SMV accueille chaque année des volontaires de 18 à 25 ans. Pas de formation au combat, mais un encadrement militaire exigeant et bienveillant, combinant remise à niveau scolaire, sport et stages professionnels. « Notre devise, c’est “armés pour l’avenir” », résume le capitaine Jean-Baptiste, du 2e régiment de Brétigny-sur-Orge. « On travaille surtout sur leur savoir-être, pour qu’ils deviennent des citoyens solides, sur qui la nation peut compter. » Une mue presque physique s’opère au long de la formation. « Ils arrivent souvent timides, les épaules basses. À la fin de leur service, ils ont le regard franc et la tête haute. »
Soixante-quatorze jeunes volontaires et leurs encadrants, venus des cinq régiments du SMV, défileront demain, un moment important qui participe du sentiment de cohésion et d’appartenance à la nation. « C’est une belle et saine pression, explique le capitaine. Les jeunes sont fiers d’être ici, de représenter la France, et pour eux, tout prend sens. » La préparation a été longue : sélection des volontaires les plus méritants, semaines de répétitions, apprentissage du pas commun… jusqu’à former un bloc compact et homogène, dans la plus pure tradition militaire. Pour y prétendre, les volontaires ont suivi un entraînement exigeant fait de rigueur, de discipline et de précision : journées qui commencent à l’aube, gestion de la chaleur, concentration permanente pour rester aligné, le regard haut et la marche cadencée.
Julie, 20 ans fait partie des élus. Sans le bac, elle suit aujourd’hui une formation de maintenance automobile. « C’est un honneur de défiler, confie-t-elle. Certains militaires n’ont jamais eu cette opportunité en vingt ans de carrière. Moi, simple volontaire, je vais le faire. » Le jour J, elle formera avec ses camarades un rectangle parfait qui descendra en tête de l’avenue, sous le regard de milliers de spectateurs.
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