
Dans le Lot-et-Garonne, Gilbert Guérin, le maire de Dausse a préféré annuler le deuxième marché gourmand de l’été. Une semaine plus tôt, 200 jeunes venus d’ailleurs avaient investi la place du village pour y semer le chaos. Alors, faute de pouvoir garantir la tranquillité aux siens, l’édile a préféré mettre un terme aux festivités. « C’était ma grande satisfaction. C’est devenu ma déception », a confié Gilbert Guérin à nos confrères de Sud-Ouest.
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L’exemple de Dausse, malheureusement, n’est pas isolé. Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, en faisait le constat amer. « Il n’y a plus de lieux safe en France. » Le ministre de la Justice le sait d’autant mieux qu’avant de s’installer place Vendôme, il occupait l’hôtel de Beauvau.
Chaque matin, une note de la direction centrale de la sécurité publique atterrissait sur son bureau de ministre de l’Intérieur. Elle recense les principaux crimes et délits commis en France en zone police hors Paris. C’est désormais à Bruno Retailleau qu’échoit cette lecture glaçante que les statistiques confirment.
Paris, dimanche 13 juillet, avait des allures de capitale confinée
Jeudi dernier, le ministère de l’Intérieur dévoilait son dernier bilan de la délinquance et de l’insécurité pour 2024. Si le nombre d’homicides baisse légèrement (– 2 %,) le nombre de tentatives d’homicide est préoccupant : leur taux progresse de 7 %. Depuis 2017, elles ont tout simplement doublé. Plus alarmant encore, les chiffres du premier semestre 2025 laissent craindre une envolée des homicides, en augmentation de 16 % par rapport à… 2024.
Cet ensauvagement de la France n’est pas sans conséquence. Alors que l’été devrait profiter à tous, les forces de l’ordre sont mobilisées comme jamais. À la veille du 14-Juillet, 53 000 policiers et gendarmes étaient appelés à sécuriser le pays. Paris, dimanche soir, avait des allures de capitale confinée. Aucun rassemblement n’était autorisé sur les Champs-Élysées de peur que la racaille ne pille les boutiques.
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Lundi, pour la fête nationale, ils étaient 63 000 à être engagés. Personne ne trouve rien à redire à ces déploiements XXL. Pire, on s’y habitue. Mais à ne pas traiter les causes qui ont conduit le pays au bord de la fracturation, on se condamne à une fuite en avant. La police devient le palliatif à tous nos renoncements. Les nuages s’accumulent, mais les forces de l’ordre ne peuvent pas à elles seules tenir le pays.
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