
Un crime d’une brutalité extrême, capturé en vidéo pour terroriser le camp adverse. Mardi soir, selon les informations d’Objectif Gard, près de Saint-Bénézet (Gard), le cadavre carbonisé d’un jeune homme d’environ 19 ans a été retrouvé par des promeneurs dans un coin isolé de garrigue. Selon Cécile Gensac, procureure de Nîmes, la victime portait des traces de balles, confirmant l’usage d’au moins une arme à feu. Une autopsie doit préciser les causes exactes du décès.
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Rapidement, les enquêteurs des divisions de la criminalité organisée de Nîmes et Montpellier relient cette macabre découverte à plusieurs vidéos diffusées sur Telegram par des narcotrafiquants locaux. Les images consultées par Le Parisien montrent d’abord la victime, hagarde, ligotée et bâillonnée de ruban adhésif, avant qu’un homme lui tire trois balles dans la tête et la poitrine. Dans un second clip, son corps, probablement aspergé d’essence, est incendié. Le visage du tireur n’apparaît jamais.
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Telegram, la guerre psychologique
Sur Telegram, celui qui relaie les vidéos défie ses ennemis : « Choisissez bien votre camp. Continuez avec la Zup Sud à Nîmes, regardez ce qu’ils font de vous. » Il affirme même que la victime ne serait pas un adversaire mais un « petit innocent » travaillant pour le clan qui l’a exécuté. La provocation se double d’une menace à peine voilée : un autre message évoque une « prime de 150 000 euros » pour tuer un jeune Nîmois, avec photos et adresses à l’appui.La suite après cette publicitéLa suite après cette publicitéL’auteur abonde : « avec toutes les attaques qu’on leur fait ces derniers jours, ils savent que même dans leur quartier, ils sont plus en sécurité ». Une fusillade a en effet éclaté lundi après-midi dans le quartier de Pissevin.
« Terroriser le quartier adverse »
Cette mise en scène répond à une logique de « narcoterrorisme » selon des sources sécuritaires du Parisien : frapper les esprits et intimider les rivaux dans une guerre des gangs qui dure depuis plusieurs années à Nîmes, notamment autour de quartiers sensibles. Depuis 2023 et la mort du petit Fayed, dix ans, victime collatérale d’une fusillade, la tension n’a cessé de monter entre groupes criminels locaux, alimentée par les réseaux sociaux et les applications chiffrées où circulent menaces, avis de recherche et vidéos sanglantes.La procureure de Nîmes a ouvert une enquête pour « meurtre en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs ». Deux fusillades, survenues à quelques minutes d’intervalle en début de semaine, avaient déjà fait un mort, un homme d’une cinquantaine d’années, et un blessé.
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