
Une nomination qui fait grincer des dents. L’ancienne ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem a été désignée conseillère maître à la Cour des comptes. Actuellement en poste à la Région Auvergne-Rhône-Alpes et présidente de France terre d’asile, elle accède ainsi au plus haut grade de la magistrature financière. Une promotion au sein de cette institution chargée de veiller à la bonne utilisation des deniers publics… qui soulève de nombreuses critiques.
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Selon La Lettre, Najat Vallaud-Belkacem a été auditionnée le 23 mai dernier par une commission composée de six membres. Une procédure que l’intéressée a revendiquée sur les réseaux sociaux après que le Canard enchaîné a insinué que son affectation relevait d’une manœuvre de François Bayrou pour acheter la mansuétude du Parti socialiste en pleines tractations autour du budget 2026, dans la mesure où la candidate est l’épouse du président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud.
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Le 10 juillet, elle se défendait sur X : « Un étudiant en première année de journalisme saurait qu’il faut toujours recouper les infos, et pas se contenter de recopier les vacheries susurrées par quelques malins. Pas très compliqué alors de découvrir que la voie que j’ai volontairement utilisée pour la Cour est celle du concours… pas grand-chose à voir avec une nomination “politique”. »
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Une justification loin de convaincre l’opposition, en particulier dans les rangs du RN. « Félicitations à Najat Vallaud-Belkacem, qui intègre la Cour des comptes directement au plus haut grade en ayant passé un concours qui n’existe pas. Pour ceux qui se demandaient ce qu’est le “système”, vous en avez un nouvel exemple », tacle Thomas Ménagé, député du Loiret. Jean-Philippe Tanguy, porte-parole du parti, va plus loin :« Avec les députés RN de la Commission des Finances, nous attaquerons devant le Conseil d’État dans les prochains jours cette nomination scandaleuse de Najat Vallaud-Belkacem. La République des copines et des coquins, ça suffit ! »
Même son de cloche du côté de leur collègue Hélène Laporte : « Il y a quelques jours, Najat Vallaud-Belkacem affirmait que “la voie que j’ai volontairement utilisée pour la Cour des comptes est celle du concours”. La réalité : elle a été parachutée par François Bayrou… »
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Face à cette salve de critiques, Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, est monté au créneau. « Je ne suis pas son copain, j’ai été son collègue. Elle a passé une procédure de recrutement et a été retenue par une commission indépendante », affirme-t-il ce jeudi 17 juillet au micro de France info, cherchant à couper court aux accusations de favoritisme.
Le Premier ministre François Bayrou, dont la proposition a permis cette nomination, vient de défendre un plan d’économies de 43,8 milliards d’euros, incluant la suppression de jours fériés et un gel des prestations sociales. Une austérité qui ne passe pas au sein de la gauche, où l’on évoque désormais une possible motion de censure. D’où les soupçons d’arrangement entre l’exécutif et le Parti socialiste. Matthias Renault, député RN de la Somme, s’interroge : « Est-ce une offrande au Parti socialiste pour l’amadouer à l’approche d’une motion de censure ? Cette nomination “sur proposition du Premier ministre” est honteuse ».
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