
Dans un monde confronté à une série de bouleversements majeurs – inflation durable, tensions commerciales, instabilités géopolitiques –, la question de la solidité de l’appareil productif français refait surface avec insistance. Alors que l’agenda gouvernemental est chargé (réduction de la dette, réforme de la dépense publique, transition écologique), une priorité émerge dans l’opinion : celle de préserver et renforcer notre souveraineté industrielle. C’est ce que révèle notre dernière enquête Verian, menée début juillet 2025 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française.
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Lorsqu’on leur demande si l’industrie française est solide, 62 % des Français répondent non – un jugement particulièrement prononcé chez les 65 ans et plus (64 %) et les électeurs de droite (72 %). Le constat est sans appel : une majorité de nos concitoyens doute de la capacité de notre industrie à encaisser les chocs de demain.
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« Cette défiance à l’égard des effets des politiques écologiques ne traduit pas un rejet du principe même de la transition »
Plus largement encore, 86 % considèrent que l’industrie française est menacée dans le contexte actuel. Ce chiffre atteint 92 % chez les seniors et 91 % chez les professions intermédiaires, traduisant une prise de conscience transversale, au-delà des clivages habituels. L’idée que le tissu industriel s’est affaibli au fil des décennies semble désormais ancrée.
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Parmi les causes pointées, les normes environnementales sont régulièrement citées. 67 % des répondants estiment qu’elles fragilisent l’industrie, en la rendant moins compétitive sur le marché mondial. Et 65 % considèrent qu’elles mettent en danger des milliers d’emplois, notamment dans les secteurs manufacturiers et chimiques. Chez les électeurs de droite, ces chiffres grimpent respectivement à 84 % et 85 %.
L’inquiétude est d’autant plus vive que certains exemples concrets restent présents dans les mémoires : interdiction du glyphosate sans alternative disponible, revirements sur les néonicotinoïdes, ou encore remise en cause du nucléaire pendant plusieurs décennies.
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Cette défiance à l’égard des effets des politiques écologiques ne traduit pas un rejet du principe même de la transition. Elle souligne plutôt une attente de cohérence. 65 % des Français considèrent les écologistes comme trop militants, et 71 % jugent que leurs prises de parole reposent davantage sur des positions idéologiques que sur des données scientifiques. Cette perception est particulièrement marquée chez les plus de 50 ans (79 %) et dans les territoires ruraux (79 %).
Il ne s’agit donc pas d’opposer écologie et industrie, mais bien de rappeler la nécessité de concilier ambition environnementale et réalité économique. Nos concitoyens attendent une démarche fondée sur la raison, capable de conjuguer innovation, réduction de l’empreinte carbone et compétitivité. Ils le savent : la France possède les savoir-faire pour produire proprement, avec des normes déjà parmi les plus strictes au monde. Encore faut-il que notre cadre réglementaire ne devienne pas un facteur de découragement.
Dans une économie marquée par les tensions commerciales et les stratégies de puissance, les Français souhaitent que l’État redevienne stratège. Protéger nos filières clés, soutenir nos ingénieurs, encourager l’investissement industriel : autant d’actions perçues comme prioritaires pour restaurer une forme d’autonomie.
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