
Rarement une décision de justice concernant un homme impliqué dans des faits de terrorisme aura suscité autant d’enthousiasme… La cour d’appel de Paris a ordonné ce jeudi la remise en liberté de Georges Ibrahim Abdallah, 74 ans, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1987 pour complicité dans l’assassinat à Paris de deux diplomates – l’Américain Charles Ray et l’Israélien Yacov Barsimentov – en 1982, et pour une tentative d’assassinat en 1984.
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Des faits pour lesquels il n’a jamais vraiment exprimé de regret, se présentant devant les juges comme « un combattant, pas un criminel ». Malgré cela, à gauche, et tout particulièrement chez les élus de La France insoumise, l’annonce a suscité l’euphorie. « Victoire, a écrit le député LFI Thomas Portes sur X. Georges Ibrahim Abdallah, plus vieux prisonnier politique de France, va être libéré le 25 juillet après plus de 40 ans de détention. » Le président LFI de la commission des Finances, Éric Coquerel, s’est lui aussi réjoui de « la fin d’un acharnement judiciaire insupportable ».
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« Immense soulagement à l’annonce de la libération de Georges Ibrahim Abdallah », a abondé Mathilde Panot, présidente du groupe insoumis à l’Assemblée. « Reconnaissance à ceux qui l’ont toujours soutenu. Les insoumis y ont pris toute leur part. » L’eurodéputée Manon Aubry a, de son côté, appelé l’exécutif à agir : « Il n’y a plus aucune excuse : le gouvernement doit immédiatement exécuter cette décision. Liberté pour Georges Abdallah, maintenant ! » Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a également salué la nouvelle : « Georges Ibrahim Abdallah enfin libre ! 40 ans dans les couloirs de l’enfer et enfin la LIBERTÉ, fruit d’un combat acharné. »
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Ancien instituteur libanais devenu militant armé au sein du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Georges Abdallah, a fondé au début des années 1980 les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), groupuscule marxiste et pro-syrien. Son nom est associé à plusieurs actions violentes, dont au moins cinq attentats revendiqués en France, en 1981 et 1982.
Arrêté en 1984 à Lyon sous une fausse identité, il est initialement condamné pour détention d’armes et d’explosifs, avant d’être reconnu coupable en 1987 de complicité dans les assassinats de deux diplomates étrangers et dans une tentative contre un troisième. « Je ne suis rien d’autre qu’un combattant arabe », déclare-t-il alors devant ses juges.
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Son incarcération a progressivement cristallisé le soutien d’une partie de la gauche radicale, de militants communistes, mais aussi d’intellectuels comme le prix Nobel de littérature, Annie Ernaux, qui dénonçait en octobre 2022 « une justice d’État qui fait honte à la France ». En 2013, la justice avait déjà accordé sa libération, sous condition d’expulsion vers le Liban. Mais le gouvernement, par la voix du ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, n’avait pas donné suite.
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