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Armelle Favre
21/07/2025 à 08:05

Parler de cap budgétaire, relève aujourd’hui du vœu pieux : « Depuis un an, les entreprises sont confrontées à une instabilité persistante, qui freine leur capacité d’anticipation », constate Gilles August, avocat et cofondateur du cabinet August-Debouzy. Depuis la présentation du budget 2026, les entreprises observent un paysage politique en mouvement perpétuel, sans horizon net. « Il existe un doute sérieux sur la capacité du gouvernement à faire adopter ce budget » glisse l’avocat, alors que les appels à la censure se multiplient.
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Dans ce contexte, l’expression qui revient le plus souvent dans les échanges avec les dirigeants est « l’anxiété ». Notamment vis-à-vis d’arbitrages fiscaux qui restent encore flous. Les taxes sur les ménages les plus aisés, évoquées sans détails, provoquent un réflexe attentiste des milieux d’affaires. Au point que le spectre du retour à l’esprit de l’ère Hollande et de sa taxe à 75 % sur les très hauts revenus, qualifiée à l’époque de « chasse aux riches », affleure chez les plus angoissés. « Annoncer des hausses d’impôts sans en préciser la nature alimente l’incertitude. Laquelle génère une grande tension, chez les individus et les entreprises », abonde l’avocat d’affaires.
Le risque d’une fuite des fortunes et des créateurs d’entreprise se précise
Dans les comités d’investissement, le coup de frein à l’activité est brutal, tant une décision d’investissement présente toujours un risque d’exécution. Le risque d’une fuite des fortunes et des créateurs d’entreprise se précise. « C’est une alerte à ne pas ignorer », prévient Gilles August, alors que l’attractivité du pays se dégrade depuis plusieurs mois. Les investissements industriels jugés stratégiques, dans l’IA, la défense ou l’énergie, risquent de ralentir, voire pire, si à la pression fiscale s’ajoute la complexité administrative. « Les investissements dont on parle, souvent importants, doivent bénéficier d’une simplification accélérée. C’est essentiel à leur mise en œuvre », plaide Gilles August. À ce jour, plus de la moitié de l’argent qui circule en France transite d’une manière ou d’une autre par l’État. « En raison d’un endettement très élevé, l’État doit se résoudre à arbitrer. Reste à savoir avec quelle méthode, et dans quelle direction, conclut l’avocat, le diable est toujours dans les détails. Tous les juristes le savent. »

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