De Matt Shakman, avec Pedro Pascal, Vanessa Kirby, Joseph Quinn, Ebon Moss-Bachrach. 1h55.
Des astronautes, Reed Richards, sa femme Sue Storm, son beau-frère Johnny Storm et son meilleur ami Ben Grimm, sont irradiés dans leur fusée par une tempête de rayons cosmiques, altérant leur ADN et provoquant des mutations irréversibles. Au point qu’ils reviennent avec des « anomalies » : le premier, M. Fantastique, a désormais le corps élastique, tandis que les trois autres membres de l’équipage adoptent des surnoms en rapport avec leurs nouveaux « talents » : la Femme invisible, la Torche humaine et la Chose. Ensemble, ils forment une famille soudée face à l’adversité. Quand leur planète est menacée d’anéantissement par un certain Galactus, Sue Storm découvre qu’elle est enceinte… Voici donc le reboot tant attendu de Marvel Studios mettant en scène cette ligue de superhéros évoluant dans l’univers rétrofuturiste à l’esthétique très années 1960 dont raffole son réalisateur Matt Shakman (WandaVision).
Le blockbuster tient ses promesses et s’impose comme l’un des meilleurs du genre depuis longtemps. Parce qu’on s’attache immédiatement à cette galerie de personnages en proie à un dilemme moral, qui se serrent les coudes pour sauver leur enfant et le monde. Tous sont profonds et émouvants, même la Surfeuse d’argent au service de l’ennemi. On ne s’ennuie pas un instant dans ce récit épique qui encense la solidarité et l’individu au service du collectif, laissant présager le meilleur en ce qui concerne Avengers : Doomsday (2026), des frères Anthony et Joe Russo. S. B.
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Dangerous Animals ★★★
De Sean Byrne, avec Jai Courtney, Hassie Harrison, Josh Heuston. 1h33.
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Une surfeuse intrépide en quête d’adrénaline est kidnappée à l’aube par un psychopathe qui livre ses victimes en pâture aux requins et filme leur agonie tandis qu’elles se font dévorer. Séquestrée sur son bateau au large, elle est confrontée à son ravisseur qui ira jusqu’au bout de sa folie… Voici la sensation de la dernière Quinzaine des Cinéastes à Cannes, en provenance d’Australie, qui rend hommage à deux classiques du genre : Le Voyeur (1960), de Michael Powell, et Les Dents de la mer (1975), de Steven Spielberg. Un divertissement idéal en cette période de vacances estivales que ce survival impitoyable, multipliant les rebondissements résolument jouissifs, généreux envers son public tenu en haleine grâce à une héroïne coriace se battant bec et ongles pour garder la tête hors de l’eau. Ce huis clos à ciel ouvert, doublé d’une expérience immersive intense (sursauts garantis), attise l’angoisse et le malaise, tempérés par un humour cathartique. Sans oublier une dimension écologique car le squale n’est pas diabolisé à l’écran, mais instrumentalisé par le tueur en série. À ne pas rater ! S. B.
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Pooja, Sir ★★★
De Deepak Rauniyar, avec Asha Maya Magrati, Nikita Chandak, Dayahang Rai. 1h50.
Deux garçons disparaissent mystérieusement dans une ville frontalière du Népal. L’inspectrice Pooja, basée à Katmandou mais formée au prestigieux MI6, est aussitôt envoyée sur place. Mais l’enquête, déjà complexe, est ralentie par un labyrinthe d’obstacles inattendus. Des conflits mêlant les différentes ethnies – sur fond de racisme et de hiérarchies entre couleurs de peau – au statut des femmes dans la société népalaise, les tensions sont profondes et multiples. D’autant que le gouvernement n’aide pas… Épaulée par une policière locale, Pooja parviendra-t-elle à résoudre l’affaire tout en faisant fi des préjugés qui gangrènent les institutions du pays ? Le troisième long-métrage du cinéaste népalais Deepak Rauniyar, à qui l’on doit l’excellent White Sun (2016), combine habilement les codes du thriller et du drame sociétal. Rythmé et captivant, exotique par son cadre autant qu’universel par ses thématiques, Pooja, Sir coche toutes les cases. Une œuvre forte et lumineuse. F. A.
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The Things you kill ★★
D’Alireza Khatami, avec Ekin Koç, Erkan Kolçak Köstendil, Hazar Ergüçlü. 1h53.
Après avoir passé quatorze ans aux États-Unis, Ali revient dans son pays d’origine, la Turquie, pour s’y installer avec sa femme. Il rend visite à sa mère, âgée et handicapée, qui vit toujours sous le joug de son père tyrannique. Peu de temps après, elle est retrouvée morte dans des circonstances suspectes. Au même moment, Ali engage un rôdeur comme jardinier, et ce dernier le convainc de mener une expédition punitive… Le réalisateur iranien Alireza Khatami (Chroniques de Téhéran) signe un thriller social dont il a le secret pour dénoncer les violences domestiques perpétrées par le patriarcat. Si ce récit de deuil et de vengeance aurait gagné à être un peu resserré pour éviter de s’éparpiller, parfois sinueux et confus, on est quand même séduit par son atmosphère captivante et son sujet poignant. Même si l’artifice scénaristique, qu’il ne faut pas révéler ici, ne semblait pas nécessaire. Prix de la Critique et Prix du Jury à Reims Polar 2025. S. B.
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My Father’s Son ★★
De Qiu Sheng, avec Weichen Luo, Anke Sun, Song Yang. 1h35.
Alors qu’il vient de passer ses examens d’entrée à l’université, Qiao, 18 ans, apprend la mort de son père. Aussitôt, cette violence et cet alcoolisme qui ont pourri son enfance ressurgissent dans sa mémoire, et il s’efforce, dans un premier temps, d’effacer tout ce qui les relie. Mais bien plus tard, devenu ingénieur, le jeune homme entreprend pourtant de le faire « revivre » grâce à l’intelligence artificielle. À travers un simulateur de boxe, une passion que son père lui a transmise, au départ contraint et forcé, où l’adversaire est justement incarné par un avatar de son paternel. Sauf que, très vite, la frontière entre le virtuel et le monde réel semble presque disparaître… Un récit sur le deuil des plus singuliers, qui explore subtilement les contrastes des sentiments. Entre amour, haine et quête de paix intérieure, notre héros vacille autant qu’il nous touche. Dommage toutefois que cette idée géniale – l’IA au service d’une réconciliation (ou confrontation ?) post-mortem – ne soit pas mieux exploitée et qu’elle n’arrive que dans la dernière partie du film. F. A.
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Sorry, Baby ★★
De et avec Eva Victor, Naomie Ackie, Lucas Hedges. 1h44.
Lydie et Agnès sont deux meilleures amies que le destin a peu à peu éloignées. Après avoir obtenu un doctorat en littérature, dans une petite université de la Nouvelle-Angleterre, la première est partie s’installer à New York et attend son premier enfant… tandis que la seconde, toujours célibataire, est restée sur place, près du campus, où elle est devenue professeure. Une agression sexuelle, survenue à l’époque, semble avoir figé son existence, l’empêchant de se projeter comme d’évoluer. Mais quand les deux femmes se retrouvent, la vie reprend ses droits… Ce premier long métrage signé de la comédienne et scénariste américaine Eva Victor – qui tient également le premier rôle – n’a pas marqué les esprits lors de ses passages à Sundance puis à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes par hasard. Composé de cinq chapitres (non chronologiques) rembobinant plusieurs périodes de la vie des deux femmes, le récit décrit avec beaucoup de justesse (et de pudeur) les répercussions d’un traumatisme, comme le processus de reconstruction, autant que l’amitié et le temps qui passe. Touchant, bouleversant même par instants, malgré certaines longueurs pesantes. F. A.
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Source : Lire Plus






