Plusieurs dizaines de techniciens et de figurants, des caméras couvrant tous les angles, une profusion de câbles qui courent au sol, des moniteurs à chaque coin, et même une buvette « petit déjeuner » dans la cour… L’hôtel particulier du 10, rue Alfred-de-Vigny, dans le 8e arrondissement de Paris, est aujourd’hui transformé en gigantesque studio, plongé dans une joyeuse effervescence. Et pour cause : ce jeudi d’avril, cet écrin du XVIIe siècle est le théâtre du tournage de Belphégor, une série événement coproduite par M6 et la plateforme Max qui embarque un casting cinq étoiles.
Un « silence, et action ! » résonne : au milieu des dorures, entre les colonnes de marbre et les lustres du vestibule, Aure Atika s’élance. Une vente aux enchères d’objets rares pour des clients fortunés est en cours, et elle surenchérit, sourire en coin. Nicolas Briançon la rejoint aussitôt, furieux, et tente de la ramener à la raison, en vain. L’acteur incarne l’ancien mentor de cette ex-étudiante en archéologie, désormais directrice du département des Antiquités orientales du Louvre, qui a quelques comptes à régler avec lui. On assiste alors à l’une des dernières scènes de la fiction qui, apprend-on, s’avérera cruciale dans le dénouement final. Une prise, puis deux, et tout est dans la boîte. La tension retombe.
Des visions troublantes
Dehors, Shirine Boutella attend son tour. Elle campe le personnage principal, Hafsa, une restauratrice d’art tout juste recrutée par le musée qui découvre un mystérieux masque mésopotamien à l’effigie du dieu de l’orage, plus connu sous le nom de Belphégor. Très vite mêlée à une série de disparitions inexpliquées et hantée par des visions aussi brutales que troublantes, l’héroïne va, au fil des épisodes, devoir percer les secrets qui la relient au fantôme qui rôde dans les couloirs de la célèbre institution parisienne.
La comédienne de 34 ans confie au JDD : « C’est un vrai thriller psychologique dans lequel Hafsa se demande si elle devient folle ou si ce qu’elle vit est bien réel. D’autant que cela réveille des souvenirs ancrés en elle, liés à son adoption et à son passé… » Pour ce rôle, elle n’a pas cherché à s’inspirer du feuilleton culte des années 1960 avec Juliette Gréco et Yves Rénier, ni du film de 2001 avec Sophie Marceau, ni même du roman écrit au début du XXe siècle : « Pour moi c’était un projet complètement nouveau. J’ai donc préféré partir de zéro, sans chercher à imiter quoi que ce soit. »
Son plus grand souvenir ? Probablement d’avoir eu la chance de tourner au Louvre : « C’était très impressionnant d’arriver dans ce lieu vide, de nuit. Il fallait aller vite, mais j’ai adoré ce rythme. On est passés plusieurs fois devant La Joconde, dans le noir, un souvenir magique ! » Depuis son interprétation du lieutenant Sofia Belkacem qui courait après Omar Sy dans Lupin, Shirine Boutella a la carte. « On m’a directement proposé le rôle, c’est rare », confie-t-elle avec humilité, juste avant d’aller se préparer.
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À quelques pas, lunettes de soleil vissées sur le nez, Vincent Elbaz termine un appel téléphonique. Adepte des séquences d’action, celui qui incarne un ancien flic désormais agent de sécurité au Louvre avoue ronger son frein, « frustré » par une blessure à la jambe qui l’empêche de jouer des scènes de bagarre et a contraint la production à faire appel à une doublure. Kad Merad n’est pas là aujourd’hui, mais ses blagues entre chaque prise se racontent encore. « Il ne peut pas s’en empêcher », s’amuse Shirine Boutella.
L’histoire revisité
Entre deux séquences, Nils-Antoine Sambuc, l’un des coscénaristes, explique avoir revisité l’histoire originale : l’intrigue se passe cette fois en 2025, le personnage clé n’est plus un homme mais une femme, et de nombreux éléments donneront une véritable seconde jeunesse à ce classique. « On s’est fait plaisir en écrivant », annonce celui qui avait notamment travaillé sur
En thérapie. Et pour que le résultat final soit au rendez-vous, le budget a été évalué en conséquence. Si rien n’a filtré, selon nos informations, l’association entre M6 et la plateforme Max (qui aura la primeur de la diffusion) a permis d’atteindre pour ce Belphégor un niveau de production XXL digne des plus ambitieuses séries françaises. Les jours de tournage autour et à l’intérieur du Louvre, notamment, ont nécessité une logistique et des moyens exceptionnels. Le célèbre fantôme mérite bien ça.
Belphégor, de Nils-Antoine Sambuc et Thomas Mansuy, avec Shirine Boutella, Vincent Elbaz, Aure Atika, Kad Merad. Quatre épisodes de 52 minutes. Diffusion en 2026 sur Max.
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