
Plus d’une centaine de dauphins ont été tués ce dimanche 20 juillet, lors d’une battue de chasse organisée à Tjørnuvík, sur les îles Féroé. Chaque année, dans ce territoire sauvage niché entre l’Islande et la Grande-Bretagne, les Féroïens s’adonnent à une « tradition ancestrale » particulièrement sanglante : le grindadráp, dit grind. C’est le nom donné sur l’archipel nordique à cette chasse aux dauphins, pratique qui perdure depuis les années 1580.
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Une pratique ancestrale particulièrement sanglante et contestée
Cette technique de chasse ancestrale consiste à encercler un banc de cétacés et à les acculer dans un fjord grâce aux bateaux. Les dauphins, rabattus vers le rivage, se retrouvent alors piégés dans une eau peu profonde, encerclés de chasseurs, qui quittent alors la terre ferme et entrent dans l’eau, puis tuent les mammifères à l’arme blanche – machettes et couteaux – dans une mer teintée de sang.
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Cette traque était autrefois très répandue sur d’autres îles, telles que Terre-Neuve, le Groenland, les Orcades ou les Shetland. Elle a été par la suite interdite, en conformité avec la convention de Berne (1979) relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe.
Un véritable sport national
Une convention dont l’archipel des Féroé, province autonome du royaume du Danemark depuis 1948, n’est pas signataire. Ainsi, depuis 2021, seules les autorités des îles Féroé autorisent et règlementent cette chasse. Le grind y est considéré comme un sport national, et rassemble chaque année les habitants autour des rivages de l’archipel, entre juin et septembre.
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Des « massacres cruels et inutiles », estime l’ONG de défense des océans Sea Shepherd. Car cette pratique, qui peut durer quelques semaines par an, avait une finalité très terre à terre lorsque les habitants de cet archipel isolé vivaient en totale autarcie. Cette chasse leur permettait en effet de constituer des stocks de viande et de nourriture, une ressource alors essentielle pour passer l’année, et notamment l’hiver. Mais aujourd’hui, ce besoin vital n’existe plus. Et cette chasse traditionnelle suscite le rejet croissant d’une partie des habitants de l’île danoise. Et ils ne sont pas seuls, puisqu’au-delà de l’archipel, de nombreux militants s’indignent de cette pratique violente.
Mais pour les autorités locales, la chasse aux cétacés demeure « un élément naturel de la vie des Féroïens et un moyen de produire localement de la nourriture » pour les habitants de l’archipel.
2021 : une prise historique
En 2021, les chasseurs des Féroé avaient fait une prise historique, en massacrant plus de 1 428 dauphins à flancs blancs sur la plage de Skálabotnur. Des photos montrant des centaines de cadavres de dauphins alignés sur le sable, devant une mer rouge sang, avaient alors fait le tour du monde, suscitant une vague d’indignation.
Chaque année, des ONG de défense des animaux comme Sea Shepherd, PETA ou Whale and Dolphin Conservation s’insurgent contre le grind et affrètent des bateaux pour tenter d’éviter le massacre de nouveaux cétacés, contraignant la marine danoise à mobiliser plusieurs frégates afin d’éviter des échauffourées.
Dans les images « insoutenables mais nécessaires » fournies par Sea Shepherd ce 20 juillet, on découvre des dizaines de carcasses de dauphins entassées dans des caissons. Parmi les 116 dauphins globicéphales abattus, 15 fœtus de cétacés ont été arrachés du ventre de leur mère. « Les Féroïens ont tout fait pour maintenir nos équipes loin des fœtus qu’ils se sont empressés de camoufler dans des conteneurs », indique l’association de défense des océans, fondée par le célèbre militant écologiste canadien Paul Watson.
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