
Calèches dans les rues, messieurs et dames costumés… les 26 et 27 juillet, Mers-les-Bains vivra aux tons de la Belle Époque à l’occasion de la Fête des Baigneurs. Relancée il y a treize ans, cette fête populaire tire son origine d’un événement historique : la récupération par les Mersois de leurs territoires annexés par le roi Louis-Philippe au profit du Tréport, la commune voisine.
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En 1892, la ville est en fête après cinquante ans de luttes politiques : banquet, décoration des balcons, jeux pour enfants, feux d’artifice et même concours de tirs. Puis la Seconde Guerre mondiale est venue briser cette tradition annuelle. C’est en 2003 que le maire a décidé de la relancer, avec l’aide des associations locales. Désormais, elle commémore cette époque du XIXe siècle marquée par l’arrivée des « baigneurs ». C’est le nom qu’on donnait aux premiers vacanciers, arrivés tout droit de la capitale grâce aux nouvelles lignes de chemin de fer. Mers-les-Bains, qui n’était qu’un simple port de pêche, s’est transformé en station balnéaire avec ses villas colorées et ses cabines sur la plage tout aussi prisées que les logements avec vue sur la baie de Somme.
C’est donc cette arrivée des vacanciers que célèbre la Fête des Baigneurs lors d’un week-end, avec une reconstitution historique rigoureuse. En témoigne l’interdiction pour les voitures de circuler dans la ville pendant ces 48 heures pour laisser place aux calèches et aux véhicules anciens. Comme une « parenthèse dans le temps » que Francine, une habitante du Tréport, aime à vivre chaque année avec enthousiasme.
Les festivités commencent avec « l’arrivée du train » et le grand spectacle, adapté en fonction du thème annuel – cette année, ce sera « music-hall ». Puis vient le moment tant attendu de la baignade du dimanche où chacun est invité à vêtir les tenues de bain de l’époque, précédée de « l’éveil musculaire ». Les joyeux lurons qui se prêtent au jeu se mettent en scène par leur costume comme par leur comportement. « Plus c’est ringard, plus c’est drôle, raconte Francine, qui confectionne chaque année son propre costume en s’inspirant d’affiches anciennes. Je ne rate jamais cette partie de rigolade ! » Elle décrit une ambiance familiale, où l’on cherche simplement à « faire le pitre » pour se détendre. L’année dernière, le nombre de visiteurs pendant ces deux jours de fête était estimé à plus de 10 000 : « Sûrement plus, explique la mairie. Comme tout est gratuit et en accès libre, nous n’avons pas de chiffres exacts. »
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Derrière ces comportements comiques et parfois caricaturaux se cache une vraie volonté de « relancer une fête historique et populaire » pour « revivre la joie de la Belle Époque et des premiers bains », explique Maïté, archiviste de l’association à l’origine de la fête historique de 1892. Un sentiment partagé par Francine : « On veut rigoler mais surtout… rendre hommage et laisser une trace ! »
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