
Chaque week-end, dès la nuit tombée, des moteurs rugissent au milieu des cultures. Inspirés des rodéos urbains, ces « rodéos agricoles » voient des jeunes s’introduire illégalement avec des quads ou des motos dans des champs privés, transformant les parcelles cultivées en véritables circuits sauvages. Le phénomène, encore marginal il y a quelques années, inquiète aujourd’hui de plus en plus les agriculteurs et les autorités.
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Les rodéos agricoles ne se limitent pas à quelques traces de pneus sur la terre. Les passages répétés écrasent les semis, arrachent les jeunes pousses et détruisent parfois les systèmes d’irrigation. Des mois de travail parti en fumée pour les agriculteurs qui accusent des pertes financières pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros par champ selon les estimations syndicales. Mais le choc est aussi psychologique : certains agriculteurs racontent avoir été insultés ou menacés lorsqu’ils ont tenté de s’interposer pour sauver leur récolte.
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Quelles sont les sanctions prévues ?
La législation existe pourtant. Depuis 2018, le rodéo motorisé est un délit puni d’un an de prison et 15 000 € d’amende, et jusqu’à deux ans et 30 000 € si l’infraction est commise en groupe. En cas de cumul d’infractions (conduite sans permis, sous alcool ou stupéfiants), la peine peut grimper à cinq ans de prison et 75 000 € d’amende. Les forces de l’ordre peuvent aussi saisir et confisquer les véhicules utilisés.
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Mais dans les faits, les rodéos agricoles restent difficiles à réprimer : les contrevenants filment leurs exploits pour les réseaux sociaux et disparaissent avant l’arrivée des gendarmes.
Le gouvernement veut durcir la riposte
Face à la multiplication des intrusions, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, accompagné de la ministre de l’Agriculture, a annoncé le 23 juillet un projet de loi pour « renforcer la lutte contre ceux qui saccagent les terres agricoles ». Parmi les pistes évoquées : la confiscation systématique des véhicules, des peines de prison plus lourdes et de nouveaux moyens juridiques pour mieux protéger les exploitants. « La loi est la même pour tous. Il n’y a aucune tolérance pour ceux qui s’introduisent sur une propriété privée ou publique pour tout détruire », a martelé le ministre, rappelant que les champs étaient des terrains privés régit avec la même fermeté judiciaire.
De son côté Annie Genevard a fustigé les conditions de travail des agriculteurs, « 15 000 faits délictueux sont commis dans les exploitations agricoles chaque année. Ils pourrissent la vie de nos exploitants agricoles. C’est du vol de récolte, de bétail, de matériel agricole, ou encore des rodéos, des rave parties, des incivilités en tout genre, des dépôts sauvages… Cela rend la vie impossible. »
Sur le terrain, exploitants et syndicats accueillent ces annonces avec prudence et espoir. Pour beaucoup, il ne s’agit pas seulement de légiférer, mais surtout d’appliquer fermement les peines déjà prévues. Alors que la saison estivale, propice aux rodéos, bat son plein, le bras de fer entre jeunes casseurs de cultures et monde agricole semble loin d’être terminé.
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