
Cocréateur d’Intervilles aux côtés de Guy Lux en 1962, Claude Savarit n’a pas mâché ses mots au sujet de la nouvelle version lancée cet été sur France 2, sous la houlette de Nagui. Pour cet homme de télévision de 88 ans, la récente mouture du jeu culte a trahi l’ADN même de l’émission.
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Le point de rupture ? La disparition des vachettes, qui ont été remplacées par Topa, une mascotte en peluche. Nagui, qui assure la production de la nouvelle émission et en partage l’animation avec Bruno Guillon, s’est défendu à plusieurs reprises, expliquant que cette décision s’inscrivait dans une démarche de respect du bien-être animal. « Pour avoir vu une vachette malheureusement périr sur le plateau, on n’a pas envie de rire et d’être dans ces conditions-là », avait-il déclaré en juin dernier sur Télématin.
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Un argument que Claude Savarit balaie d’un revers de main, dénonçant une version vidéaste et dénaturée du jeu. « Ce soir-là, j’ai été pris d’une grande tristesse. C’est scandaleux de voir ce qu’ils en ont fait. L’Intervilles de Nagui, ce n’est plus Intervilles ! Je ferais bien un procès à Banijay pour qu’ils n’utilisent plus le nom », tonne-t-il dans Var-Matin, jeudi 24 juillet.
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Un pari raté malgré une forte attente
Lancée le 3 juillet dernier, la nouvelle formule avait pourtant démarré fort, rassemblant 3,5 millions de téléspectateurs. Mais très vite, les audiences ont chuté, tombant à 2 millions dès la troisième émission. Pour Claude Savarit, la faute ne vient pas du public, mais du concept lui-même : « Ce ne sont que des petits jeux de plage qui ne répondent pas aux règles de base. Ils n’ont même pas violé les règles, ils les ont ignorées. […] Voir des équipes ramasser des nounours, ce n’est pas sérieux. Pourquoi on s’exciterait pour des pauvretés pareilles ? »La suite après cette publicitéLa suite après cette publicité
« Sans elles, Intervilles, c’est fini »
Sur le cœur même de l’émission, Claude Savarit est catégorique : « L’absence des vachettes, c’est grotesque et rédhibitoire ». Il rappelle que ces dernières ont toujours été respectées dans la version historique d’Intervilles, soulignant leur rôle fondamental : « C’est grâce à elles que le programme est devenu un énorme succès. Sans elles, Intervilles, c’est fini. »Dépité, l’homme également à l’origine de Jeux sans frontières (1965) et La chasse aux trésors (1981) regrette d’avoir laissé son « bébé »entre les mains du groupe Banijay, qu’il accuse d’ignorance : « C’était une erreur. Je voulais que la marque vive, et vu la taille du groupe, je pensais qu’ils feraient de la bonne télé. Je me suis trompé. Leur ignorance me trouble. Je leur en veux. »À lire aussi
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Un contraste d’autant plus net que d’autres émissions misant sur la fibre nostalgique du public, comme le Bigdil ou La Roue de la Fortune, ont elles réussi à séduire leur public sans s’aventurer dans des réinventions trop audacieuses.
France 2 a pour l’instant exclu une deuxième saison, suggérant que le pari n’a pas fonctionné. Pour Nagui, le bilan n’est pas encore définitif : « J’aimerais bien une saison 2, mais ça ne dépend pas de moi. Ce sera une décision de France Télévisions » , confie-t-il au Parisien. Il reconnaît néanmoins que le défi était complexe : « Il faut trouver un équilibre entre respect des traditions et attractivité actuelle, ce n’est jamais simple. »
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