L’essentiel
- Le centre pénitentiaire de haute sécurité de Vendin-le-Vieil accueillera une centaine de détenus parmi les plus dangereux à partir du 31 juillet 2025, dans une opération dont les détails sont « classifiés ».
- Deux cent cinquante surveillants encadreront les détenus choisis par le ministre de la Justice, qui seront isolés « comme on le fait pour les terroristes », avait annoncé Gérald Darmanin.
- Des mesures sont prises pour limiter les sorties des détenus, avec l’installation de salles de visioconférence et la présence de médecins spécialisés pour « éviter les extractions médicales, toujours risquées ».
Le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil sera opérationnel à partir du 31 juillet 2025. D’ici-là, une centaine de détenus, parmi les plus dangereux du pays, doivent être transférés dans cette prison de haute sécurité, située près de Lens dans le Pas-de-Calais. Une mission sensible dont les détails sont « classifiés », indique à 20 Minutes une source place Vendôme. Pour des raisons de sécurité, la date d’arrivée des « plus grands narcotrafiquants » dans cet établissement, en travaux depuis plus de trois mois et qui a été presque vidée, reste secrète. La direction de l’administration pénitentiaire, qui peaufine son plan, a cependant réuni, ce mardi, à Paris, les représentants des organisations syndicales pour leur faire part des dernières avancées du dossier.
« Les travaux de sécurisation se poursuivent, ils sont en cours de finalisation pour que les délais soient respectés », explique à 20 Minutes Christy Nicolas, le secrétaire général du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS). « Des formations sont en cours » pour les personnels qui viendront renforcer les surveillants exerçant dans cette prison. En tout, ils seront 250 pour encadrer la centaine de détenus. Ces derniers ont été choisis par le garde des Sceaux lui-même, Gérald Darmanin, sur proposition « des magistrats, de l’administration pénitentiaire et des services de police », précise Christy Nicolas. Il s’agit de prisonniers « susceptibles d’avoir des contacts à l’extérieur pour poursuivre leurs activités criminelles », avait indiqué au Parisien le 28 décembre dernier le ministre de la Justice, ajoutant vouloir les mettre « à l’isolement, comme on le fait pour les terroristes ».
Lorsqu’ils seront avertis, les détenus sélectionnés disposent de trois jours pour s’opposer à leur transfert dans ces prisons de haute sécurité. Un recours qui n’est pas suspensif : les prisonniers seront d’abord transférés avant que leur demande ne soit examinée par le tribunal administratif, celui de Lille s’agissant du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil. Les convois qui les achemineront seront composés d’une dizaine de détenus, regroupés en fonction des régions où ils sont déjà incarcérés. Comme lors du transfert de Mohamed Amra de la prison de Condé-sur-Sarthe au tribunal judiciaire de Paris, le GIGN devrait être sollicité pour sécuriser ces escortes inédites. Les gendarmes seront épaulés par les équipes régionales d’intervention et de sécurité, les unités d’intervention de l’administration pénitentiaire.
« On n’a pas tellement de craintes pour les transferts mais plus pour après. On redoute que les détenus essaient de faire un mouvement collectif ou que cet isolement soit un échec », poursuit Christy Nicolas. Une fois à l’intérieur, les détenus, répartis dans les quatre quartiers étanches les uns des autres de l’établissement, n’auront pas vocation à en sortir.
Déjà doté de deux salles de visioconférence, le centre pénitentiaire doit en mettre en place cinq nouvelles, pour permettre les auditions des prisonniers à distance par les magistrats. Comme le rapporte Le Figaro, les ministres de la Santé, de l’Intérieur et de la Justice ont aussi évoqué, vendredi, lors d’une réunion, la possibilité pour les forces de l’ordre d’escorter les magistrats qui voudraient se rendre en détention pour entendre des détenus. Afin d’éviter les extractions médicales, toujours risquées, la prison sera dotée de plusieurs médecins spécialisés.





