Avec l’équipe de France, Benjamin Toniutti a presque tout gagné : l’Euro 2015, deux ligues mondiales, autant de Ligues des nations (VNL) sans oublier, évidemmment, l’or aux JO (Tokyo 2021 et Paris 2024). Le natif de Mulhouse, expatrié depuis une décennie dans le très relevé championnat de Pologne, est actuellement dans ce pays, avec les Bleus, pour disputer la phase qualificative de la VNL, compétition dont ils sont les tenants du titre. Entre deux matchs, « Totti » a pris le temps, par téléphone, de faire le bilan de cette année post-olympique.
Le JDD. Réalisez-vous que Paris 2024, c’était il y a déjà un an ?
Benjamin Toniutti. C’est passé vite. La semaine dernière, nous avons été invités à l’Élysée [pour être décorés de l’Ordre national du mérite, NDLR] et nous avions remis les costumes de la cérémonie d’ouverture. Ça nous a replongés dans ces souvenirs magnifiques.
Nous n’avions pas pu défiler sur les Champs-Élysées [le 14 septembre dernier] car nous étions quasiment tous repartis dans nos clubs respectifs. Là, être décoré par le président, en petit comité, avec nos familles, ça nous a vraiment fait plaisir, surtout qu’après Tokyo, on n’avait pas pu le faire [la Légion d’honneur leur avait été remise en marge d’un stage à Montpellier… en mai 2023 !].
Par rapport à Tokyo, les retombées médiatiques ont-elles été amplifiées après le titre à Paris ?
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Pas forcément. Quand nous sommes rentrés chez nous après les Jeux de Paris, il y a eu un engouement incroyable, davantage qu’à Tokyo, c’est vrai. Mais il s’est estompé. Il faut dire que nous sommes nombreux à jouer à l’étranger. On en a discuté avec les gars : on a été invités à des événements mettant en lumière le volley et on n’a pas pu y assister en raison des échéances sportives dans nos clubs.
Être double champion olympique, cela facilite-t-il un peu la reconnaissance ?
Depuis mon arrivée en équipe de France A en 2010, ça a évolué, mais surtout quand l’équipe de France joue une grande compétition. Si on prend les douze mois de l’année dans leur globalité, on ne parle pas beaucoup de notre sport. C’est la vérité.
« C’est frustrant de voir que le budget des sports diminue »
Ce qui a changé, c’est que l’équipe de France remplit les salles très rapidement, alors qu’il y a quelques années, c’était plus difficile. Nous devions jouer dans des enceintes plus petites.
Hasard du calendrier, ce dimanche, votre dernier match qualificatif de la Ligue des nations (la phase finale a lieu en Chine à partir du 30 juillet) se déroulera face à vos malheureux adversaires de la finale olympique, les Polonais (à Gdansk, à 20 h 30)…
C’est assez particulier. Mais je pense que la finale olympique est dernière nous. On envisage davantage ce rendez-vous comme un gros match entre deux équipes qui préparent le championnat du monde [du 12 au 28 septembre aux Philippines].
Cette compétition est la seule que la France ait jamais gagnée…
C’est un objectif important pour cette équipe. La dernière [et unique] médaille remonte à 2002 [le bronze]. En 2014, la France a été très proche d’être en finale. Cette génération-là a à cœur d’aller chercher un podium au championnat du monde. On se prépare pour arriver dans les meilleures dispositions possibles.
À 35 ans, ce sera votre dernière compétition internationale ?
Ce n’est pas le moment d’en parler. Disons que c’est plus la fin que le début. Ce n’est pas encore acté, je préfère rester concentré à 100 % sur ce championnat du monde, et après, je prendrai le temps de réfléchir.
Quels titres olympiques français vous ont marqué dans d’autres disciplines, à Paris 2024 ?
J’ai beaucoup aimé les rugbymen [à VII]. C’était au tout début des Jeux et leur médaille d’or a lancé la dynamique. Je me rappelle un matin où on prenait le petit-déjeuner et ils étaient en train de fêter leur victoire. Ça m’a donné envie d’avoir moi aussi cette médaille. Nous avons aussi tous été impressionnés par les performances de Léon Marchand. De toute façon, chaque médaille française est particulière.
On a beaucoup parlé d’héritage olympique. Comment jugez-vous la baisse des budgets dénoncés par de nombreux sportifs ?
Avant d’être pris dans le tourbillon des Jeux, on ne savait pas trop comment ils se passeraient. À part pour la Coupe du monde de football, c’est la première fois que je voyais la France aussi patriotique. On a vraiment senti tout le pays derrière ses athlètes.
Je me souviens de l’ambiance quand on jouait, elle était exceptionnelle. Derrière, on apprend qu’il y a une baisse de budget. Or on sait qu’il faut de l’argent pour amener les jeunes à performer et rêver. C’est donc frustrant de voir que le budget dédié au sport diminue.
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