
Peu de pays dans le monde peuvent se targuer d’avoir une zone économique exclusive (ZEE) aussi vaste que celle de la France. Aucun ne peut prétendre être présent sur les cinq continents comme l’est notre pays. Mais si la Nouvelle-Calédonie venait à obtenir son indépendance, notre pays serait jeté en dehors de la zone Indo-Pacifique, décrite par beaucoup d’observateurs comme l’espace géopolitique majeur du XXIe siècle. Car ce petit bout de France perdu dans le plus grand océan du globe fait l’objet de convoitises, de la part de la Chine notamment, mais aussi de l’allié et voisin australien.
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« Vous êtes la France australe », lançait en 1966 le général de Gaulle aux Calédoniens lors d’un déplacement officiel. Vingt-six ans plus tôt, alors que les Allemands défilaient sur les Champs-Élysées, l’archipel était l’un des tout premiers territoires ultramarins à rejoindre la France libre. En 1942, après s’être installés à Nouméa, les Américains utiliseront la Nouvelle-Calédonie comme base d’appui pour libérer les territoires perdus du Pacifique et défaire le Japon. « En plus de ses ressources naturelles, la Nouvelle-Calédonie offre à la France une porte d’entrée vers les mers les plus stratégiques de la planète, c’est un atout formidable pour notre projection militaire ! » rappelle Bastien Vandendyck, professeur de géopolitique du Pacifique océanien à l’Institut catholique de Lille.
La jeune génération est manipulée dans l’ombre
Mais la souveraineté de Paris sur l’archipel océanien est aujourd’hui plus remise en question que jamais. Au plus fort des émeutes de mai 2024, le ministre des Armées Sébastien Lecornu alertait sur cette partie « de la jeune génération [kanake, NDLR] qui est aujourd’hui manipulée dans l’ombre par d’autres pays qui forcent les violences pour tenter d’obtenir l’indépendance ». À commencer par l’Azerbaïdjan et son Baku Initiative Group (BIG), officiellement une agence indépendante, mais pointée par le renseignement intérieur comme une officine étatique à la solde de l’autocrate Ilham Aliyev.
Le pays du Caucase s’est rapproché de figures indépendantistes particulièrement influentes, comme Mickaël Forrest, membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie chargé des relations extérieures. Le Kanak, proche de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), la fraction violente des indépendantistes, a effectué plusieurs voyages à Bakou. Activement surveillé par le renseignement, Mickaël Forrest serait, d’après nos informations, l’une des courroies de transmission logistiques entre l’Azerbaïdjan et le FNLKS. Quant à l’Australie, si Canberra était, jusqu’à la fin des années 1990, un soutien actif de la mouvance indépendantiste, elle a adopté un ton plus modéré ces dernières années, sans conspuer pour autant son ex-allié du FLNKS.
Plus discrète mais non moins puissante, la Chine œuvre à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, dont les sols regorgent de nickel, un métal précieux prisé par Pékin. Le Parti communiste chinois injecte ainsi des fonds dans le Groupe fer de lance mélanésien (GFLM), une association de pays regroupant les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Fidji ou encore… le FLNKS, bras armé du camp indépendantiste. « La Chine rêve de mettre la main sur les ressources calédoniennes, qu’elles soient minérales ou halieutiques », précise Bastien Vandendyck, qui s’inquiète d’un expansionnisme chinois de plus en plus affirmé dans le Pacifique océanien.
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