
Portes qui claquent, regards tendus, silences lourds avant une réunion de crise : Tempête, le documentaire diffusé dimanche 6 juillet sur France 5, plonge au cœur du ministère de l’Intérieur. Pendant cent jours, de mai à septembre 2024, le réalisateur Yann L’Hénoret suit Gérald Darmanin au plus près, seul, caméra à l’épaule. À ses côtés, sa garde rapprochée : le directeur de cabinet Alexandre Brugère, les conseillers Kamel Amerouche et Grégory Canal. Une immersion brute, sans voix off ni interview, dans les coulisses d’un pouvoir sous pression, racontée comme un thriller politique en trois actes.
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L’Hénoret n’en est pas à son coup d’essai. Déjà auteur de films sur Emmanuel Macron ou sur la campagne présidentielle de 2017, il pousse ici l’immersion plus loin. Il devient une ombre dans les couloirs de Beauvau, présent dans les cellules de crise, les briefings, les soupirs silencieux en voiture, les cafés avalés à la hâte. Trois épisodes structurent le récit : la montée en puissance d’un ministère tout entier mobilisé pour les JO, l’entrée dans la tourmente avec l’évasion de Mohamed Amra, puis la bascule politique après la dissolution.
Ce documentaire est l’autopsie d’un pouvoir à nu
Tout commence dans une routine bien huilée. Le ministre de l’Intérieur maîtrise son agenda, cale la sécurité des Jeux olympiques, travaille ses messages. Autour de lui, une garde rapprochée soudée, familière des nuits sans sommeil et des alertes terroristes. Puis tout se dérègle. Le 14 mai, Amra s’évade lors d’un transfert à Incarville. Deux agents sont tués. Le spectateur assiste, en temps réel, à l’onde de choc. La caméra capte les discussions sur la traque des fugitifs, l’annonce aux familles, les arbitrages en direct. Plus que des scènes politiques, ce sont des scènes d’humanité sous tension.
La suite est une avalanche : la Nouvelle-Calédonie s’embrase, les élections européennes virent au désastre pour la majorité, le président dissout l’Assemblée. Et voilà Gérald Darmanin contraint de faire campagne dans son fief du Nord, tout en gérant les risques d’attentats à Paris. Le troisième épisode scelle l’aventure de Darmanin à Beauvau. Tempête n’est pas un portrait à charge, ni un film de louange. C’est l’autopsie d’un pouvoir à nu. Le quotidien d’un ministre hyperexposé, épuisé par les crises successives, contraint de composer avec une scène politique qui ne laisse personne indemne.
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